Tout le monde parle de cette maladie professionnelle très tendance qu’est le burn-out, ou burnout : Un syndrome d’épuisement professionnel, consécutif à l’exposition à un stress continu et prolongé. C’est une vraie maladie, documentée par la médecine.
Wikipedia nous renseigne sur ce qu’est le burn-out. On peut aussi tester son niveau de burn-out sur le site swissburnout.ch, avec le test « Hamburger Burnout Inventory »[1].
Côté littérature, c’est une source inépuisable de publications.
Lu dans le MigrosMagazine du 14 mai, un article sur une « maladie professionnelle » nouvellement répertoriée : Le bore-out. On peut toutefois remarquer que la définition de la maladie provient de deux consultants non médecins, et qu’on peut discuter du fait qu’ils cataloguent cela comme « maladie ».
Mais le symptôme est réel :
Ce bore-out, donc, peut être considéré comme l’opposé du burn-out : Il se caractérise par l’absence de défis, le désintérêt et l’ennui au travail. L’exemple cité dans l’article est celui d’un employé, la trentaine, qui avoue surfer plusieurs heures par jour depuis son lieu de travail, écrire des mails privés, commander en ligne, faire des sudokus. Son travail professionnel, il se dépèche de la faire, pour avoir ensuite du temps libre. Ce comportement provoque cependant fatigue et irritabilité, et influence aussi la vie privée : La démotivation, c’est contagieux.
Tiré du verbe anglais « to bore » : s’ennuyer, ses 3 caractéristiques seraient :
- La manque de défis
- Le désintérêt
- L’ennui
Ce problème fait ressortir un problème de management : Souvent, certains responsable ne délèguent que les tâches ennuyeuses et déresponsabilisent leurs collaborateurs[2].
Pas moins de 10% d’employés seraient touchés par ce problème, principalement dans les bureaux, parce qu’il est plus facile de se cacher derrière un écran.
En final, la recommandation faite dans l’article pour ceux qui sont dans ce cas là, c’est d’en parler sans attendre à son supérieur.
Le complément du syklop : Ou de se fixer de nouveaux défis, en osant changer de place, ou même d’orientation.
Côté web, on voit que le concept de boreout nous viens de Germanie. Les deux consultants dont on parlait plus haut on sorti le livre « Diagnose Boreout« , en allemand.
Sinon, en effet, ce terme est fort représenté sur google en allemand. Rien en français. En anglais, voir ce document qui explique le concept. On remarquera qu’il est aussi l’oeuvre des 2 mêmes consultants, visiblement passionnés par le marketing aussi…
Mon avis : Oui, évidemment, le problème est réel. Certainement pas nouveau, mais son impact augmente vu l’augmentation du tertiaire. Au niveau du management de ressources humaines, tout ça est connu depuis longtemps, sans qu’il ait été nécessaire de lui donner un nom. Dans un souci marketing de vendre un livre, deux auteurs l’ont baptisé, et ont réussi à faire parler de leur livre. Tant mieux pour eux.
A part ça, une pointe d’agacement : Parler de bore-out, et donc faire référence au burn-out, qui est, rappelons le, une vrai maladie, c’est tout simplement dénigrer le burn-out.
Notes
[1] Non, il n’a pas été créé par McDonalds
[2] Tiens, j’ai l’impression de parler de mon ancien chef, là….
Articles relatifs :
Tags: Amazon, Anglais, Bore-out, Boreout, Burn-out, Burnout, Google, Marketing, Migros, Passi, Touch, Wikipedia


21 mai 2007 à 9:20
Le bore-out était également le sujet d’une chronique de « On en parle » appelée « L’épuisement par l’ennui », sur la RSR, avec quelques liens intéressants:
http://www.rsr.ch/la-1ere/on-en-par...
21 mai 2007 à 11:00
Voyons, penses-tu réellement qu’il puisse exister des chefs assez cruels pour déléguer uniquement les tâches ennuyeuses ? Et pourquoi moustachus pendant qu’on y est !
=<|:-p (Oui, c’est un entonnoir sur la tête !)
21 mai 2007 à 14:42
Le burn-out comme le boreout ont toujours existé, ce sont juste les noms qui changent. Le boreout n’a encore jamais envoyé quelqu’un à l’hosto!
22 mai 2007 à 8:59
Ouais, mais bon, j’imagine que le web aide aussi au bore-out. Franchement, si j’avais fait mes études ne serait-ce que 5 ans plus tard, je sais pas si j’aurais réussi
Il y a 10 ans, pas de messenger, peu d’email – le plus souvent au format texte via telnet, pas de blog, pas de forum, pas de commande en ligne. Maintenant que l’instrument de travail au bureau est aussi une source inépuisable de divertissement, c’est plus « facile » de se faire détourner de son boulot.
Enfin, c’est juste une théorie a 2.-
(Et je prends le burn-out au sérieux, je tiens à la préciser)
22 mai 2007 à 12:00
Tiens, tout ceci me rappelle trés précisément le monde de dilbert, l’ingénieur informaticien créé par scott Adams.
Au passage, je suis actuellement au boulot, mais chut… voilà mon, chef, je retourne faire semblant de bosser
22 mai 2007 à 12:30
@M’dame Jo : Pas de commande en ligne, mais de la ligne de commande…
23 mai 2007 à 22:31
Oh neuschgu, que c’est mauvais
8 juin 2007 à 9:05
Je subis le bore out tous les jours depuis environ un an. Je vous jure, c’est pas drôle, je regrette le temps où je me sentais utile … Suite à des changements au sein de l’entreprise et à l’introduction d’un nouveau système informatique, j’ai environ 2 heures de travail journaliers, quand tout va bien. Les journées sont longues, je m’ennuie et pour le moral, c’est franchement pas ce qu’il y a de mieux. Bien sûr, je pourrais changer de poste, j’y songe fortement, mais après 40 ans, c’est pas facile de trouver autre chose.