Il n’y a pas si longtemps (quoique, le temps passe…), par ici, on parlait de recherche de nouveau job, d’entretien d’embauche, de prises de tête côté boulot.
Et voilà que, l’eau ayant coulé sous les ponts, le syklop qui se prenait la tête à paraitre le mieux possible à chaque entretien (quoique : ils avaient été assez rares pour que les prises de tête ne soient pas trop nombreuses…) se retrouve à fixer des rendez-vous à des gens, à les recevoir, à les cuisiner pour leur faire dire tout ce qu’ils savent, et surtout tout ce qu’ils ne savent pas.
Evidemment, quand on a le rôle de candidat, on pense que ceux qui vous reçoivent on le beau rôle, et qu’ils prennent un malin plaisir à être sadiques et désagréables.
Mais, expérience faite, embaucher quelqu’un, ça n’est pas de tout repos non plus. C’est compliqué.
D’abord, il faut se battre pour obtenir un budget. Justifier, calculer, argumenter, prévoir. Jouer les vases communicants pour expliquer où on va économiser en payant quelqu’un de plus : Un vrai parcours du combattant.
Ensuite, il faut définir un profil de la personne recherchée. Sans se planter, sans rien oublier, sans viser trop haut non plus. Et tout ça en adéquation avec un budget que, de toute façon, on ne t’a pas communiqué parce-qu’il n’est pas encore défini.
Après, il te faut faire le poing dans la poche parce-que la sélection des candidats se fait dans un premier temps sans toi, selon des critères uniquement psycho-machin-profil-truc. On te file ensuite des dossiers dont le profil technique est approximatif, et tu aurais bien voulu connaître les CVs des gens écartés juste parce qu’ils avaient les cheveux longs ou un thème astrologique incompatible avec celui du concierge.
Ensuite, enfin, vient le temps de choisir les gens, de les appeler, de les convoquer, de les recevoir. Enfin, on peu se faire un avis personnel.
Mais c’est là que la pression monte. D’abord il faut avoir l’air d’assurer parce-que faut que les candidats s’imaginent que t’es hyper à l’aise et que tu mènes des entretiens d’embauche tous les jours. Heureusement, mon chef-qui-a-de-la-bouteille est là aussi.
Ensuite, mine de rien, faut pas te tromper : Le mec que tu engages, il va falloir vivre avec lui tous les jours, lui confier des tâches dont tu auras à répondre personnellement, vivre avec 45 heures par semaines au moins. (”le mec” c’était une image : il y a aussi des filles spécialistes Unix, et celle-là, c’est normal qu’elles aient les cheveux longs)
Il faut aussi que le mec, il plaise au reste de l’équipe, histoire d’éviter de futurs conflits.
Et il faut tenir compte d’où il habite, pour pouvoir le faire bosser la nuit et le dimanche. Et aussi il faut le googeliser pour voir si il est pas patron d’une boîte pendant son temps libre, par exemple.
Je vous jure, c’est plus difficile de rechercher un collaborateur que de chercher un job.
Heureusement, aujourd’hui, je vais appuyer sur le bouton rouge : A 13h30, toute la Suisse m’entendra. Ca va me détendre.
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6 février 2008 à 8:39
Ah c’est toi qui appuie sur le bouton rouge ? Gaffe, j’ai souvenir que ça ne te porte pas forcément chance ce genre de bouton-là
Sinon +1 pour le reste de l’article. Tu as, je crois, très bien décris la tâche de recruteur et ses difficultés pour quelqu’un dont ce n’est pas le job (un “non-DRH” quoi).
6 février 2008 à 21:38
Ouais… décentralisation oblige, plein de gens ont appuyé sur des boutons rouges à 1330, 1340 et 1350…..
7 février 2008 à 8:47
7 février 2008 à 10:09
Ouais… Je suis justement en train d’écrire un truc sur le même exercice chez nous. Mais ceci dit en passant, j’ai bien les entretiens d’embauche en tant que candidat, surtout pour les postes qui ne m’intéressent pas (càd 99 % des cas !) : tu peux, ou plutôt tu dois être mégalo, mytho, sûr de toi, bref tout le contraire de ce que je suis normalement. Ca fait un bien fou de faire un peu de théâtre !
8 février 2008 à 3:12
kom toi “Neuschgu” à 100%
9 février 2008 à 10:19
j’aime bien le cris du bouton rouge…. je peux faire croire à mes nouveau collègues français que c’est la 3ème guerre nucléaire